J'ai tué pour les yeux bleus d'un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m'adorant.
Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Egorge une rentière en amour pour ta frime.
Apparaîtra sur terre un chevalier de fer
Impassible et cruel, visible malgré l'heure
Dans le geste imprécis d'une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout devant son regard clair.
Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l'amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d'étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.
Rocher de granit noir sur le tapis de laine,
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t'allonge tranquille au bord de sa fontaine.
Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l'enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve.
Suce mon membre dur comme on suce un glaçon.
Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise ma queue enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d'un seul coup.
Etrangle-toi d'amour, dégorge, et fais ta moue!
Adore à deux genoux, comme un poteau sacré,
Mon torse tatoué, adore jusqu'aux larmes
Mon sexe qui se rompt, te frappe mieux qu'une arme,
Adore mon bâton qui va te pénétrer.
Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme,
Penche un peu la tête et le vois se dresser.
L'apercevant si noble et si propre au baiser
Tu t'inclines très bas en lui disant:"Madame!"
Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au ciel, Dame de la merci!
Appelez le soleil, qu'il vienne et me console.
Etranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.
Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte
O le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en choeur,
Ainsi que les espoirs naguère à mon coeur,
Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.
O le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !
Un orgue au loin éclate en froides mélopées;
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le coeur du jour qui se meurt parfumé.
Je suis gai! je suis gai ! Dans le cristal qui chante,
Verse, verse le vin ! verse encore et toujours,
Que je puisse oublier la tristesse des jours,
Dans le dédain que j'ai de la foule méchante !
Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l'Art !...
J'ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,
Des vers qui gémiront les musiques funèbres
Des vents d'automne au loin passant dans le brouillard.
C'est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et objet du mépris,
De se savoir un coeur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage !
Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin
Ou l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main !
Pendant que tout l'azur s'étoile dans la gloire,
Et qu'un rythme s'entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n'ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire !
Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai !
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !...
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre;
Enfin mon coeur est-il guéri d'avoir aimé ?
Les cloches ont chanté; le vent du soir odore...
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots !
France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
En 2005, je n'y étais pas encore. Si mon souvenir est bon, c'est à l'été 2007 que Stadakona a fait son apparition sur la toile gaienne. C'était une période critique dans mon existence et ce que j'ai trouvé sur GA m'a été très bénéfique. Je suis donc reconnaissant.
GA c'est d'abord des hommes. Des personnes exceptionnelles. Des personnes qui me sont chères. Des amitiés que je souhaite conserver le plus longtemps possible.
Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s'entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter
C'est parfois vérité
Et c'est parfois mensonge
Mais la plupart du temps
C'est le bonheur qui dit
Comme il faudrait de temps
Pour saisir le bonheur
À travers la misère
Emmaillée au plaisir
Tant d'en rêver tout haut
Que d'en parler à l'aise
Parlant de mon pays
Je vous entends parler
Et j'en ai danse aux pieds
Et musique aux oreilles
Et du loin au plus loin
De ce neigeux désert
Où vous vous entêtez
À jeter des villages
Je vous répéterai
Vos parlers et vos dires
Vos propos et parlures
Jusqu'à perdre mon nom
Ô voix tant écoutées
Pour qu'il ne reste plus
De moi-même qu'un peu
De votre écho sonore
Je vous entends jaser
Sur les perrons des portes
Et de chaque côté
Des cléons des clôtures
Je vous entends chanter
Dans ma demi-saison
Votre trop court été
Et mon hiver si longue
Je vous entends rêver
Dans les soirs de doux temps
Il est question de vents
De vente et de gréments
De labours à finir
D'espoirs et de récolte
D'amour et du voisin
Qui veut marier sa fille
Voix noires et voix durcies
D'écorce et de cordage
Voix des pays plain-chant
Et voix des amoureux
Douces voix attendries
Des amours de village
Voix des beaux airs anciens
Dont on s'ennuie en ville
Piailleries d'écoles
Et palabres et sparages
Magasin général
Et restaurant du coin
Les ponts les quais les gares
Tous vos cris maritimes
Atteignent ma fenêtre
Et m'arrachent l'oreille
Est-ce vous que j'appelle
Ou vous qui m'appelez
Langage de mon père
Et patois dix-septième
Vous me faites voyage
Mal et mélancolie
Vous me faites plaisir
Et sagesse et folie
Il n'est coin de la terre
Où je ne vous entende
Il n'est coin de ma vie
À l'abri de vos bruits
Il n'est chanson de moi
Qui ne soit toute faite
Avec vos mots vos pas
Avec votre musique
Je vous entends rêver
Douce comme rivière
Je vous entends claquer
Comme voile du large
Je vous entends gronder
Comme chute en montagne
Je vous entends rouler
Comme baril de poudre
Je vous entends monter
Comme grain de quatre heures
Je vous entends cogner
Comme mer en falaise
Je vous entends passer
Comme glace en débâcle
Je vous entends demain
Parler de liberté
Je suis encore sous le choc après l'annonce de son décès :'(
Lhasa nous a quittés le 1er janvier après une lutte de plusieurs mois contre le cancer du sein. Elle avait à peine 37 ans...
Je garderai d'elle le souvenir d'une artiste accomplie qui avait le secret d'émouvoir. Je suis admiratif devant sa démarche artistique. C'est une perte inestimable.
L'importance de rêver, encore et toujours. C'est une question de survie !
1759 > Il y a 250 ans aujourd'hui Louis XV perdît la Nouvelle-France aux mains de la Perfide Albion voulant contrôler le commerce mondial de la fourrure, profiter des innombrables autres ressources de l'Amérique du Nord et se débarrasser des personnes peuplant ces quelques arpents de neige. L'issu de la Guerre de Sept ans, en 1763, allait sceller définitivement le sort de ce peuple français d'Amérique. Dès lors, les habitants des rives du fleuve Saint-Laurent allait avoir le malheur de goûter à la sauce britannique. Sauce cuisinée aux parfums d'humiliation, d'exactions et d'assimilation sous prétexte de civiliser ces primates catholiques s'exprimant en français, mais surtout de prendre le contrôle de l'Amérique. C'est qu'il sont gênants ces "Nouveaux-Français" ! Ils peuplent les voies et les routes naturelles permettant de pénétrer jusqu'au coeur de l'immense continent.
Seraient-ils menaçants ? If you can't beat them, join them... Vu leur nombre sans cesse grandissant, ils serviront alors à enrichir les Anglais. Quelle arrogance crasseuse et vomissante !
2009 > Une veillée d'armes est organisée. Vingt-quatre heures à commémorer ce drame national ! Des hommes et des femmes de toute horizon et de toute origine ayant en commun de se définir comme Québécois se succèdent à tour de rôle et lisent des textes phares de l'histoire québécoise (essais, chansons, discours, lettres, etc.). Une nuit de la poésie émouvante ! C'est un devoir de mémoire, un devoir de résistance !
J'y rêverai encore et toujours à l'indépendance du Québec, c'est une question de survie !
J'ai un ami qui a une paire de billets pour le concert de Mylène Farmer le 4 septembre prochain en Suisse.
Pour ceux que ça intéresse d'accompagner un joli Québécois musclé, mignon tout plein et qui a tout ce qu'il faut aux bons endroits à ce concert, faites-moi signe, je vous mettrai en contact avec lui.
Il semblerait que Stadakona (maintenant pseudonommé Stada) serait réapparu sur la room de GA samedi le 20 juin 2009. Ce retour ne laisse pas la communauté gaienne indifférente. Pour preuve, voici quelques réactions zé commentaires:
La Surprise !
«Stada ! Depuis le temps que j'espérais votre retour... Quelle joie !»
Le dégoût !
«MER-DEUH!!!!! Il va encore nous faire chier avec son accent à la con !»
La déconnection neurologique !
«Gneuh !»
La plénitude !
«Comment pourrais-je être plus heureux ?»